| MAÎTRISER LA CONCEPTION ET LA PRODUCTION |
On ne compte plus les ouvrages sur la qualité qui s’efforcent de démontrer que la qualité d’un produit ou d’une prestation de service se construit essentiellement pendant la phase de conception. En effet, de nombreuses causes d’incidents, après analyse, sont imputables à la conception même des produits. Pour quelle raison ce constat se répètet -il ?
Encore une fois, la réponse procède du bon sens. Très souvent, la phase de conception est incomplètement maîtrisée et les processus de validation insuffisamment robustes, voire incomplets. Ainsi se retrouvent sur le marché des produits ou des prestations dont on dit, non sans humour, que ce sont les clients qui en font les essais et la validation finale ; parfois à leur grand désappointement. Qui se souvient de systèmes commerciaux informatisés dont les clients ont fait les frais ou de véhicules automobiles chargés d’électronique et parfois capricieux sur la route ?
Pour progresser dans la conception, les experts en matière de prévention, en particulier dans les domaines où la sécurité est prioritaire, comme l’aéronautique, le spatial ou le nucléaire, ont développé des méthodes de prévention adaptées. Nous avons choisi d’en présenter deux qui mettent en évidence les risques potentiels lors de la conception d’un produit : l’analyse fonctionnelle d’un produit ou d’une prestation et l’AMDEC produitprestation.
La conception étant maîtrisée, comment être rassuré quant à la performance du processus de fabrication ?
La maîtrise de la production reste un fondamental d’une démarche qualité. Pour livrer des produits conformes à ses clients, l’entreprise s’appuie sur la mise en oeuvre d’un certain nombre d’outils qui nécessitent la contribution de différentes compétences apportées par les services méthodes, production, contrôle, qualité, maintenance.
Mais, au fond, que signifie maîtriser la production ?
Pour qualifier cette démarche, différents vocables sont utilisés : production sous contrôle, mettre le processus sous assurance qualité, passer de la qualité subie à la qualité maîtrisée, viser le zéro défaut, piloter la production.
Toutes ces expressions recoupent la même idée, celle de l’anticipation plutôt que du contrôle a posteriori. En effet, mieux vaut tout mettre en oeuvre pour faire bien du premier coup, plutôt que d’avoir à trier les non-conformes à la sortie de l’usine ou en clientèle.
Comment maîtriser une production ?
Pour maîtriser une production, il faut travailler en amont de la production, imaginer les défaillances possibles (liées aux machines, au milieu, aux méthodes, aux fournisseurs ou aux opérateurs…) et mettre en oeuvre les actions de prévention et/ou de contrôle adaptées : c’est le but de l’AMDEC processus. L’AMDEC va nous conduire à imaginer des « détrompeurs » pour éviter aux opérateurs de commettre des erreurs (poka yoké), rédiger des modes opératoires de travail indispensables, qualifier des opérateurs, De cet AMDEC sera aussi déduit un plan de contrôle ou plus globalement de
surveillance, incluant les activités d’autocontrole et toutes les actions permettant
d'éviter une dérive du procédé.
Le calcul des capabilités garantit l’adaptation des machines et procédés au niveau qualité visé.
Enfin, le Statistical Process Control (SPC) ou Maîtrise statistique du procédé (MSP) va nous aider à surveiller, à piloter la production dans un esprit de prévention en s’appuyant sur la logique des statistiques. Nous allons également vous présenter les 5S car c’est un outil incontournable qui organise l’environnement de travail.
Enfin, on ne peut parler de maîtrise de production sans aborder le rôle des achats (sélection et suivi des fournisseurs).
Ces outils sont indissociables de ceux de l’écoute client pour s’assurer en permanence que la conformité obtenue en production répond aux attentes des clients : une pièce peut être conforme aux standards internes et ne pas se monter facilement chez le client…
